Béatrice ARRUGA : Journal en Ligne

10 février 2010

Conclusion sur les assises de la ruralité

Ré-inventer un avenir pour les territoires ruraux, tel était l'enjeu fixé par les assises qui se sont tenues partout en France et dont la conclusion a été présentée hier à Morée par le Président de la République.

Plutôt qu'une ré-invention, plutôt qu'une vision globale de la ruralité dans un contexte mondialisé, nous avons assisté à une démarche à caractère "pragmatique", visant à proposer des mesures qui se veulent concrètes et qui portent sur certains champs essentiels qui touchent nos territoires ruraux : la santé, les transports, les services aux personnes, l'activité économique, les circuits courts et l'agriculture, le fonctionnement des collectivités locales...

Sur la forme, le pragmatisme des propositions fait ressortir la teneur des débats et des propositions qui ont pu être émises par les différents participants, élus, responsables associatifs, représentants des organismes consulaires et des syndicats. Des propositions qui sont donc concrètes, lisibles et pourquoi pas pertinentes. Je retiens notamment les propositions faites dans le domaines médical (encouragement à l'installation des médecins en zones rurales en contrepartie des bourses) ou bien celles visant à encourager la consommation des produits de proximité (circuits courts) dans les cantines scolaires.

Sur le fond, les intentions sont louables et attendues mais la question des moyens se pose inévitablement. Intervenir pour accompagner la ruralité dans toute sa diversité et ses dynamiques c'est considérer et affirmer plus que jamais que l'Etat joue un rôle et que celui ci sera encore plus accru demain.
Un Etat plus présent, plus utile, oui mais, le modèle actuel porté par la politique gouvernementale est plutôt en version "recul" et économies budgétaires. Pas un secteur n'est épargné, que ce soit la santé, l'école, le service postal, l'ensemble des missions qui sont celles de l'Etat, et pourtant les annonces faites visent à dire que demain il sera fait plus. Problème de cohérence. Et comment? Avec quels moyens? A budget constant, voir en régression, comment mettre en oeuvre ces orientations? La question reste posée.

Sur le fond, je retiens également une grande absente, l'agriculture, qui pourtant va de pair avec la ruralité. "Pas de ruralité sans paysans" écrivaient les agriculteurs sur leurs banderolles. Ils manifestaient nombreux sur les routes menant à Morée hier car ils subissent de plein fouet une crise sans précédent. N.Sarkozy a justifié cette absence en disant "l'agriculture fait partie de la ruralité mais la ruralité ce n'est pas que l'agriculture", certes.
Mais nos territoires ruraux, nos campagnes d'aujourd'hui ont bien été façonnées des siècles durant dans leurs paysages par les paysans, l'économie rurale est indissociable des retombées de l'agriculture et on ne peut évoquer l'aménagement des territoires ruraux en occultant que les agriculteurs sont encore aujourd'hui des acteurs majeurs, impliqués fortement dans la vie de leurs communes. L'agriculture et la ruralité s'écrivent au passé, au présent et nécessairement au futur, en ce sens, le discours prononcé par le Président de la République a manqué cet aspect primordial.

La feuille de route fixée par le Président de la République est concrète, elle l'est tellement que les paroles devront être suivies d'actes et que pour cela, la confiance, mise à mal aujourd'hui compte tenu des politiques qui sont conduites, des coups qui sont portés sur nos services publics, a besoin de preuves. Elles ne sont pas présentes actuellement.

Dans la contribution que j'avais rédigée fin novembre, j'écrivais "Réinventer la ruralité, c’est chercher le chemin du possible, c'est trouver dans la créativité les ressources nécessaires pour imaginer les services de demain, développer des activités qui permettront à chacune et chacun d'entre nous, aux différents âges de la vie, de vivre bien sur son territoire, de vivre et d'aimer son territoire".

Le discours prononcé à Morée a pu proposer quelques chemins sur une feuille de route. Mais, il reste à fixer un cap, une vision globale qui prenne la ruralité dans son ensemble : l'intervention de l'Etat ne doit pas se poser sous la forme d'un simple accompagnement aux territoires, mais doit s'appuyer sur politique réelle ambitieuse qui considère la ruralité aujourd'hui comme une terre en croissance, en mutation et en besoins nouveaux.

09 février 2010

A propos de la venue de N.Sarkozy, ma position

J’ai décidé de me rendre à Morée aux conclusions des Assises sur les territoires ruraux qui seront présentées par Nicolas Sarkozy. Je regrette vivement le semblant de polémique qui n’a pas lieu d’exister.

Etre présent ce n'est pas cautionner, c'est au contraire prendre part, pour pouvoir ensuite argumenter et proposer une vision alternative. Je considère que la politique de la chaise vide n’a aucun sens.

En me rendant à Morée, je m’inscris dans une démarche républicaine, en étant dans mon rôle d'élue jusqu'au bout dès lors que cette initiative est organisée par les services de l'Etat dans le cadre d'une visite du Président de la république.

Lors des deux derniers passages de N.Sarkozy, à Blois sur l'éducation ou bien à Montrichard pour une visite d'entreprise, les élus socialistes y étaient. Quelle logique aujourd'hui de ne pas y être, hormis se placer dans une posture à court terme liée aux élections à venir?

La ruralité est le thème du déplacement de N.Sarkozy. Les Assises sur la Ruralité se sont tenues sans qu’aucune consigne particulière de boycott du PS n’ait été donnée.
Les territoires ruraux méritent toute notre attention d’autant plus que dans un contexte mondialisé ils sont sujets à de nombreuses mutations. Entre désertification ou arrivée de nouvelles populations, il s’agit pour tous de réfléchir aux politiques à mettre en œuvre pour continuer à rendre ces territoires solidaires.

Etre attentif à la ruralité, c’est aussi se battre pour maintenir les services aux publics essentiels, écoles, santé, Poste... C’est le sens de mon engagement et particulièrement à Morée ces derniers temps dans le cadre du mouvement contre la disparition du service postal. Je serai donc à Morée comme une élue républicaine d’ailleurs accompagnée de militants socialistes, engagés sur le terrain au sein du Comité local pour la défense des services publics dans le Haut-Vendômois.



NR-BoycottPSsarkozy-9/2/2010

06 février 2010

Premières conclusions des Assises sur les Territoires ruraux

Nicolas Sarkozy a choisi le vendômois pour venir présenter les premières conclusions des Assises sur les Territoires ruraux, lancées le 7 octobre dernier et qui se sont tenues partout en France. L'édition départementale de ces assises, pour la circonscription de Vendôme, s'était tenue également à Morée, réunion à laquelle j'avais participé aux côtés de nombreux élus locaux et à laquelle j'avais apporté ma contribution écrite, transmise au Préfet.

Parler de la ruralité, c'est évoquer les profondes mutations de ces territoires, quand certains connaissent un regain d'activité et l'arrivée de nouvelles populations avec des besoins en services nouveaux et adaptés alors que d'autres déclinent et qu'il faut leur trouver les moyens de valoriser leurs potentiels.

Parler de la ruralité, c'est réfléchir aux pratiques à impulser pour maintenir ou accroître l’attractivité des territoires ruraux en intervenant sur le développement des activités économiques, la vie quotidienne des populations et l'organisation même des territoires, thèmes abordés lors des assises départementales.

Parler de la ruralité, c'est l'occasion pour tout acteur local, quelque soit sa responsabilité, politique, économique, associative, de prendre part aux débats, d'apporter sa vision de l'aménagement du territoire.

Dans un contexte de reculs avérés de services publics et de désengagements répétés de l'Etat, à l'exemple même des bureaux de Poste, et Morée en est la parfaite illustration, il s'agit bien de peser dans le débat, d'apporter la contribution ou la contradiction.
La Région est un acteur majeur de l'aménagement du territoire, ses compétences en la matière sont essentielles. Le travail que nous effectuons au sein des Pays Vendômois et Beauce Val de Loire que j'accompagne comme Conseillère régionale référente nous amène au quotidien à réfléchir à la problématique de la ruralité pour écrire nos 3e contrats de Pays utiles à nos concitoyens. A l'échelle de la Communauté du Pays de Vendôme, nous y posons les mêmes enjeux alors que nous sommes entrain de finaliser notre projet de territoire.
Ma contribution au débat est nourrie également par l'engagement qui est le mien dans les domaines de l'éducation et de l'agriculture, que ce soit comme élue en pleine période de définition des moyens alloués pour établir les cartes scolaires ou comme Responsable du Centre de Formation d'Apprentis Agricoles de Montoire sur le Loir.
Je vous propose de publier aujourd'hui de nouveau cette contribution mise en ligne le 27 novembre dernier. Vous pouvez également consulter les documents de travail qui ont été diffusés à l'occasion des assises locales en cliquant sur le site de la Préfecture du Loir-et-Cher.

Je serai mardi à Morée afin de prendre note des orientations, rendez-vous ensuite sur mon blog pour commenter les propositions qui auront été présentées.


Les territoires ruraux, des territoires d'avenir (27 novembre 2009)

Les Assises sur les territoires ruraux se tiennent cette semaine dans notre département. D'une réflexion collective, il est utile de faire ressortir les enjeux, d'établir un diagnostic partagé, de proposer des modalités d'intervention publique, d'accompagner les mutations de ces territoires, de valoriser leurs atouts et enfin de trouver les moyens de les dynamiser sur le plan économique et des services à la population. Ce matin les premières assises se tenaient à Morée pour le vendômois.

Un constat fort, les territoires ruraux dans leur diversité sont en pleine mutation, avec une évolution et une modification profonde de l'activité agricole et une arrivée de populations nouvelles souvent chassées des zones urbanisées où l'acquisition immobilière est impossible pour les revenus modestes ou attirées par un cadre de vie plus agréable ou enfin par une acquisition de résidence secondaire. Parmi ces « migrants », on trouve surtout des populations issues des classes populaires et modestes. Aujourd'hui, ce « désir de campagne » s'illustre par le fait qu'un habitant sur quatre vive en milieu rural et souhaite plus qu'hier bénéficier des services de proximité adaptés liés à son mode de vie.

Une offre de services publics de base est indispensable pour attirer puis maintenir une population sur un territoire. Les moyens de transport et de communication en sont la première condition, mais on peut aussi évoquer la présence de services de santé (une offre inférieure à la moyenne française pour la région Centre), mais aussi d'éducation, de péri-scolaire, de logements sociaux.

Par ses compétences, la Région est un acteur majeur en matière d'aménagement du territoire, en soulignant l’importance de tous les territoires, ruraux comme urbains, pour un développement et un aménagement équilibré et durable de notre pays.

En Région Centre, cette politique passe par des outils contractuels, c'est à dire des visions partagées avec des pays (contrats de pays), des agglomérations (contrats d'agglo), des cœurs de village (pour réhabiliter les centres-bourgs et construire du logement social dans les communes de moins de 6000hab) et des contrats Ville-moyenne (pour les communes pôles de centralité supérieures à 7000hab)

Alors que ces politiques territoriales sont portées et que les besoins n'ont jamais été aussi importants, on observe que l’Etat accélère son désengagement, ici par des fermetures de bureaux de poste, là par des suppressions de classes voir d'écoles, et ce pour des raisons d'économies budgétaires. C'est donc vers les communes, et les communautés de communes, souvent avec des budgets limités, que les regards se tournent. Elles doivent faire alors face aux demandes croissantes de leurs habitants tout en veillant à impulser des nouvelles dynamiques pour stimuler leurs territoires (création de zones d'activités, ouvertures de maisons des services...).
Elles doivent aussi investir dans leurs écoles, souvent les agrandir, adapter les restaurants scolaires aux normes sanitaires, créer des espaces de garderie, sans moyen budgétaire nouveau pour répondre aux demandes des familles.

Il est utile de réfléchir aux pistes permettant d'accompagner les mutations de ces territoires.
Quelques pistes et propositions sur lesquelles je souhaite attirer l'attention:
- faire évoluer les politiques contractuelles régionales : Une réserve à cette proposition tient d’une part à la réforme des collectivités territoriales en cours où le partage des compétences devra être clarifié et d’autre part à la possibilité de refonte des politiques territoriales actuellement menées rendue possible après les futures échéances électorales et le renouvellement de l'assemblée régionale. Faire évoluer les politiques contractuelles régionales, notamment en :
--aidant les communes dans leurs compétences propres comme par exemple les affaires scolaires, pour rénover ou agrandir l'école du village, l'aménagement de la voirie, la gestion de l'assainissement... autant de missions aujourd'hui difficiles à assumer faute de moyens adaptés et faire de la solidarité envers les petites communes une priorité
--adaptant les aides à destination des villes-moyennes, en considérant qu'une « ville-moyenne », un pôle de centralité, c'est aussi un chef lieu de canton, à partir de 1000-1500 habitants, qui est attractif pour les habitants dans une couronne de 10 à 15 km aux alentours : aujourd'hui le seuil pour cette aide est fixé à 7000 habitants, dans notre département, et ainsi très peu de communes sont éligibles alors que les projets, les demandes, sont nombreuses et réelles. En abaissant ce seuil et en établissant un diagnostic adapté, une commune de taille moyenne qui aurait à assumer les charges de la centralité, pourrait se voir proposer un dispositif adapté pour accompagner ces projets particulier

- donner la priorité au maintien de l'offre de formation sur les territoires proposée tout au long de la vie.
Il faut être attentif notamment aux établissements de formation dans le secondaire, collèges et lycées. D'abord, parce que leur présence actuelle permet aux plus jeunes de poursuivre leurs études dans un territoire proche, notamment jusqu'au baccalauréat contribuant ainsi à l'élévation nécessaire du niveau de qualification, mais aussi parce que la présence d'un établissement scolaire contribue à la dynamique du territoire: création d'emplois, animations induites par les scolaires, soutien à l'activité économique locale.


Ayant assisté à la fermeture l'an dernier d'un lycée agricole dans le Cher, à Vailly sur Sauldre et à ses conséquences sur le territoire avec la perte lourde d'une source d'activités et d'emplois, je considère aujourd'hui que nos collèges, nos lycées, constituent un atout à préserver.

Je pense par exemple au Lycée et Centre de Formation en Apprentissage agricole de Montoire-sur-le-Loir. Ces structures forment de futurs salariés et chefs d'exploitations agricoles, tous sortent de ces établissements avec une insertion professionnelle garantie. Aujourd'hui, l'enjeu pour ce site est d'élargir son offre de formation, en maintenant sa spécificité liée à l'agriculture locale. Un des leviers, c'est actuellement la préparation de la prochaine séance plénière de la Région qui sera consacrée à la carte de l'apprentissage. Je suis particulièrement attentive à ce que notre assemblée régionale vote l'ouverture d'une formation post-bac, un BTS, une formation pour les futurs exploitants agricoles en lien avec l'activité économique du secteur. Mais parallèlement, ce sont les moyens alloués par le Ministère de l'agriculture qu'il faut continuer à mobiliser sur le lycée en maintenant et développant les formations par la voie scolaire.

Dans le même ordre d'idée, j'ai accompagné en concertation avec le rectorat le lycée de St Aignan situé dans la vallée du Cher, vers les formations de soins à la personne, redonnant à ce lycée une dynamique qui était nécessaire en adaptant son offre de formation aux besoins des populations locales.

Montoire, St Aignan, 2 exemples illustrant la nécessité pour nous tous, acteurs locaux, de porter un regard attentif sur le maintien et le développement de notre offre de formation. Notre secteur est doté d'établissements de qualité, lycées, CFA, MFR, organismes de formation pour adultes, publics et privés, il est impératif d'engager une réflexion partagée sur l'évolution de la carte des formations en rapprochant notamment les acteurs du monde de l'éducation et décideurs économiques.

- ré-inventer la ruralité: parce que ruralité rime avec modernité, il est utile de repenser l'aménagement du territoire et l'offre de services offerts aux populations avec originalité, inventivité et pertinence. Grâce aux aides régionales qui abondent les budgets des Pays, nous avons vu naître des dispositifs originaux qui allient au travers d'une offre de services inscrite dans une démarche de développement durable la modernité liée aux moyens de communication, la spécificité du territoire et la proximité avec les habitants.

La médiathèque de Selommes que j'ai inaugurée en mai 2006 est en l'une des illustrations. Ce centre de ressources documentaires complet, adapté aux différents publics, a été porté par la communauté de communes de Beauce et Gâtine au cœur d'un canton rural. Ainsi cet équipement est un lieu de diffusion moderne et de proximité du livre: les abonnés peuvent de chez eux consulter la base de données documentaire, réserver et se faire livre un ouvrage. Ce projet structurant illustre la nécessaire inventivité d'un service adapté de proximité porté par les collectivités locales dans un contexte financier souvent difficile et incertain.

De la même façon la médiathèque de Fréteval, portée par la communauté de communes du Haut-Vendômois contribue à organiser l'accès à la lecture et à la culture dans un lieu dédié et à alimenter régulièrement les bibliothèques des villages alentours.

Inventer la ruralité, c'est faire en sorte de créer là où cela est nécessaire des équipements innovants et adaptés ou bien proposer que les services viennent directement aux habitants. La garderie itinérante La Souricette entre Mondoubleau, Sargé sur Braye et Choue en est l'un des exemples les plus proches. Le Haut-Vendômois subit de plein fouet la réorganisation et la fermeture annoncée des bureaux de poste de Freteval et Pezou et la réduction des heures d'ouverture du bureau central de Morée. Autant des évolutions de La Poste peuvent être possibles pour permettre que le service soit maintenu, autant cette situation contraint les communes ou les commerces à prendre le relais transformant l'offre à un point tel que les usagers sont perdus car la confidentialité liée à certaines opérations bancaires ou postales ne peut être pleinement respectée. Comme pour la garderie la Souricette il pourrait être intéressant d'inventer une autre offre postale sur nos territoires, mobile elle-aussi, itinérante, à la charge et sous la responsabilité de La Poste, qui permettrait à la fois le maintien d'une offre de proximité, aux horaires adaptés aux demandes des usagers, tournante dans les locaux actuels voir, dans un cadre moins onéreux que l'entretien de bureaux de poste ouverts seulement quelques heures par semaine, via un bureau de poste itinérant, équipé de tous les outils nécessaires à la qualité de service.

On parle souvent d'« exception culturelle à la française », indéniablement la ruralité y contribue. Nos territoires ruraux sont en pleine mutation, à nous d'inventer les moyens de les accompagner, développer les activités économiques, valoriser leurs atouts et faciliter la vie quotidienne des habitants.

Trois enjeux, trois pistes de réflexion :
- le rôle de la Région, comme acteur de l’aménagement du territoire
- l’élaboration de la carte des formations en créant des dynamiques de réflexion à l’échelle des territoires entres les acteurs économiques, les élus et les responsables de l’éducation et de la formation
- le lien social à préserver, la proximité à construire autrement en inscrivant la ruralité dans la modernité, en considérant que la mobilité des services puisse être une des solutions à rechercher


Réinventer la ruralité, c’est chercher le chemin du possible, c'est trouver dans la créativité les ressources nécessaires pour imaginer les services de demain, développer des activités qui permettront à chacune et chacun d'entre nous, aux différents âges de la vie, de vivre bien sur son territoire, de vivre et d'aimer son territoire.

Libellés :

05 février 2010

Revue de presse cette semaine

Inauguration Bar-Restaurant Le St Leonard à St Leonard en Beauce (NR, 3/2/2010)

NR-stleonard-3/2/10


Cérémonie de voeux de la communauté du vendômois rural (NR, 2/2/2010)
NR-voeux CVR-2/2/2010

03 février 2010

Quand des jeunes s'impliquent aux côtés des collectivités locales du Vendômois: exemple

Dans la NR aujourd'hui, du balisage des chemins de randonnée au Mt St Michel, retour sur un superbe projet mené par les apprentis du CFA Agricole de Montoire en partenariat avec la communauté de communes du Haut-Vendômois présidée par Bernard Pillefer.

Le projet ayant pleinement donné satisfaction, la communauté de communes souhaite que ces jeunes continuent dans un second temps le balisage des chemins de randonnée.

NR-CFAMontoire-3/2/2010

01 février 2010

Carte des formations professionnelles pour la rentrée 2010: le compte n'y est pas

Lundi dernier avait lieu le Conseil Académique de l'Education Nationale présidé par le Préfet de Région. A l'ordre du jour, préparation de la rentrée scolaire à tous les degrés et présentation de la carte des formations professionnelles sur laquelle je suis intervenue assez longuement.

Pour rappel, à l'occasion de la dernière séance plénière en décembre, le Conseil Régional a émis ses orientations en matière d'offres de formation dans les sections professionnelles des lycées en tenant compte de plusieurs objectifs: la nécessite d'élever le niveau de qualification, la promotion de filières complètes sur des sites de formation allant du CAP au BTS avec des publics mixtes, le soutien aux établissements situés en milieu rural notamment, le besoin de métiers porteurs pour l'avenir (aides à la personne, développement durable, filière aéronautique...)

Avant cette séance plénière, le 13 novembre 2009, une rencontre avec le recteur avait permis d'échanger sur les perspectives d’évolution de la carte des formations pour les prochaines rentrées. Lors de cet entretien, les propositions du rectorat portaient alors sur l’ouverture de cinq formations de niveau V, trois formations de niveau IV, trois formations de niveau III et deux enseignements de détermination en LEGT. La Région a soutenu ces projets, qui pour la plupart correspondent aux demandes que j'avais formulées déjà l'an dernier. Ils n’avaient pas été retenus alors par le Rectorat. Ces formations répondent aux préoccupations régionales dans la mesure où :
- elles répondent à la problématique des établissements à petits effectifs et/ou en territoire rural ; c’est le cas pour le LP Sully à Nogent le Rotrou, le LP F. Paulsen à Châteaudun, le LP E. Delataille à Loches ou bien encore le LP G. Sand à La Châtre.
- elles complètent les filières présentes dans ces établissements au niveau IV.
- elles offrent des formations qualifiantes à des publics fragiles, comme les jeunes sortants de 3ème SEGPA.

En complément de ces projets, la Région a demandé la possibilité d’une ouverture pour trois CAP supplémentaires.
- le CAP Agent d'entreposage et de messagerie au LP D’Alembert, à Issoudun,
- le CAP Préparation et réalisation d'ouvrages électriques au LP Beauregard, à Château-Renault,
- le CAP Réalisation en chaudronnerie industrielle au LP Jean Lurçat, à Fleury les Aubrais.


Qu'en est il aujourd'hui? En définitive, il n'est envisagé qu’une seule ouverture à la rentrée 2010, à savoir une demi division de bac pro commerce au LP Châteauneuf à Argenton sur Creuse, qui sera fusionnée avec la demi division de bac pro vente existante dans l’établissement.

Par ailleurs, le Rectorat propose des réductions de capacités pour dix formations (- 86 places) et la fermeture de six formations (-77 places). Une fois encore, l’offre de formation professionnelle continue de diminuer, avec au total une baisse de 163 places. On est loin du compte et du constat pourtant partagé le 13 novembre lors d'une réunion de travail!

Pour ma part, je regrette sincèrement que les priorités définies par l’Assemblée régionale lors de la séance plénière du 17 décembre 2009 n’aient été prises en considération dans l’élaboration de la carte des formations 2010 et que la proposition qui a été présentée en CAEN soit insuffisante:
- aucune création de CAP afin de lutter contre la réduction des sorties sans qualification et favoriser le maintien d’une offre de formation sur les territoires fragilisés,
- aucune création de formation dans les secteurs porteurs de la région (développement durable, aéronautique...), qui nécessitent pourtant des compétences spécifiques inexistantes sur notre territoire régional,
- aucune création de formation de niveau III dans la filière sanitaire et sociale, alors que la demande des professionnels dans ce domaine est forte,
- des projets de fermeture dans un contexte de crise économique et de rénovation de la voie professionnelle, qui ne laissent aucun sursis aux formations ayant connu à cette rentrée des difficultés de recrutement exceptionnelles.

Dans ces conditions, je retiens de ce CAEN et des propositions de cartes qui sont faites que les mesures qui sont proposées ne permettront pas de répondre aux grands enjeux de notre territoire dans un contexte tendu économiquement et socialement , contexte qui aurait du relever des défis indispensables: hausse du niveau de qualification, promotion de filières spécifiques et non délocalisables, lutte contre les décrochages scolaires.

Cette situation apparaît d’autant plus inacceptable que les moyens d’enseignement attribués cette année à l’académie sont en hausse, ce qui est à souligner, et offrent la possibilité de création de nouvelles formations pour la rentrée 2010.

A l'évidence aujourd'hui, la copie est à revoir car avec cette proposition de cartes des formations pour la rentrée 2010, le compte n'y est pas.

31 janvier 2010

Interruption momentanée

Il n'est pas dans mes habitudes de laisser mon blog inactif durant plusieurs jours. De nouveau, une panne informatique a bloqué toutes mes connexions pendant 8 jours.
Je reviendrai cette semaine en consacrant 2 articles sur les cartes scolaires pour la rentrée 2010, notamment celle concernant les formations professionnelles à la suite du Conseil académique de l'éducation nationale qui s'est tenu la semaine dernière à la Prefecture de Région puis à venir le Conseil départemental de l'Education nationale.

20 janvier 2010

Radio Lycée est à Tours cette semaine

Je me suis rendue lundi au lycée Paul Louis Courier à Tours afin de rencontrer l'ensemble de l'équipe pédagogique et les élèves impliqués dans le projet radio qui sera sur les ondes FM à partir d'aujourd'hui.

Radio Lycée a débuté en 2002 et vise à proposer à 6 lycées différents chaque année, un par département, la possibilité d'émettre une radio durant une semaine entière. Charge ensuite à chaque lycée de faire une grille de programme, d'élaborer et de maitriser tous les contenus, de faire une affiche et enfin de choisir un nom. Paul Louis Courier est le 46e lycée à accueillir une radio.

Nouveauté de cette année, j'ai demandé à ce que cette radio puisse être émise via Internet, permettant aux familles qui résident au delà des 20kms de l'aire de diffusion de pouvoir se brancher sur le lycée et suivre en direct ou en différé les différentes émissions. Cette écoute est possible à partir du site JeunesOCentre.

Lundi, je faisais la conférence de presse de lancement, ce soir je serai aux côtés des élèves dans le studio radio de Paul Louis Courier sur 97.4 FM .

11 janvier 2010

Débat sur l'identité nationale

Un premier débat sur l'identité nationale a eu lieu à Vendôme avant les fêtes de fin d'année, ce débat n'était pas public étant organisé sur invitations du Préfet. Une séance publique départementale doit avoir lieu demain, mardi 12 janvier, à Blois.

Y aller ou ne pas y aller? La question est posée et admettons que les positions divergent, quelque soit les étiquettes politiques de celles et ceux qui se trouvent invités. Ces positions sont toutes légitimes et respectables. Oui, ce débat est organisé dans des conditions très discutables, à quelques mois d'une échéance électorale, rendant peu propice l'apaisement nécessaire à ce type de réflexion. Oui, les phrases empreintes de dérive que l'on retrouve extraites ici ou là de certains débats montrent que réfléchir à une question aussi fondamentale nécessite un climat serein, propice au dialogue. Oui, ce débat est organisé par un ministère chargé également de "l'immigration" rendant de fait confus l'esprit ou la volonté qui l'animent. Cette confusion est inacceptable, car c'est une erreur d'avoir laissé planer l'idée que tout était lié, identité nationale et immigration, immigration et religion, étranger et sécurité.

Le débat est organisé par les services de l'Etat dans notre département et son représentant, le Préfet. Le rôle d'un élu est-il de boycotter une réunion officielle à laquelle justement en sa qualité d'élu, détenteur du suffrage des électeurs, on lui demande de venir pour s'exprimer? Le boycott ne constitue pas une position en soi et la contribution au débat est nécessaire. Je considère même qu'il est utile pour tout responsable politique de participer, au moins d'exprimer des valeurs, des opinions et ainsi d'éviter que ce débat actuel, avec toutes les réserves que j'ai le concernant, se retrouve préempté par les mouvances d'extrême-droite qui le transforment en véritable tribune.

Le débat porte sur l'identité nationale, j'aime surtout parler de République et de ses valeurs. Je considère que tout est lié. Petite-fille de républicains immigrés en France à la fin de la guerre civile espagnole, je mesure, peut-être autrement que d'autres, combien notre pays est fait d'addition de cultures, de diversité et d'enrichissement construits au fil des siècles par celles et ceux qui sont venus d'ailleurs.
Nous pouvons avoir des origines diverses,-combien de fois lorsqu'on prononce mon nom me demande t'on de quelle origine est ma famille?-, et pour autant, une nation est un tout auquel chacune et chacun peut se retrouver: une histoire, des valeurs, un hymne, un drapeau, un territoire, des paysages et l'envie de partager un avenir commun. Je pense donc que ce qui définit en tout premier lieu notre identité, c'est bien plus ce qui nous rassemble que ce qui nous distingue.

Les valeurs de notre république fondent indiscutablement notre identité française : les trois mots « Liberté, égalité, fraternité » trônent sur tous les frontons de nos mairies et la laïcité en est le ciment. Un ciment qui permet la réelle unité du peuple car il garantit à chacun la liberté de conscience, l'égalité de traitement de tous les citoyens et l'aspect universel de l'action de l'Etat. A ce titre, notre république se doit de garantir la tolérance mais rester aussi rigoureuse envers toute forme de privation de l'être humain. C'est pour cela que dans le cadre du débat actuel sur le port de la burqa je suis comme d'autres responsables socialistes favorable à une loi, plus précisément pour un texte législatif qui protège l'individualité, la personnalité et condamne toute forme de négation de l'être humain (cf: voir sur ce blog mon article Mosquée et Laicité publié le 11 décembre dernier).

Considérer que la France est aussi le pays qui exclue toute forme de privation, c'est bien considérer que l'identité française repose sur une nation qui garantit à chacun de vivre dans la dignité et l'égalité et qui combat toute forme d'exclusion. L'Etat, garant du pacte social, de sa cohésion, a un devoir de protection envers toutes celles et tous ceux qui se retrouvent fragilisés par la vie et doit être porteur d’un projet collectif solidaire et de justice sociale.

La laïcité est le socle de notre république, et à l'évidence l'école, l'éducation, sont les lieux qui permettent la transmission de nos valeurs car le droit et l'égalité réelle d'accès y sont garantis pour toutes nos jeunes générations. On ne peut parler d'identité nationale sans évoquer le lieu où ses bases se construisent et se transmettent. C'est le lieu d'ailleurs où l'éducation civique y est enseignée, sous des formes différentes en fonction des classes d'âge. Faut-il revoir les fondements de cette instruction civique, la renforcer, y donner d'autres contenus? En dehors de l'école, faut-il instaurer un service civique obligatoire? Le débat actuel peut aboutir à des propositions allant dans ce sens.

Le débat sur l'identité nationale est passionnant mais complexe dans sa forme actuelle sans cadre précis, ni méthodologie. Je ne reviendrai pas sur toutes les critiques et réserves nombreuses de mon propos introductif. Mais il a un mérite, s'il en est un, c'est celui de tenter de répondre à la question difficile de ce qu'est être français.

Une identité nationale peut-elle réellement se définir? Je ne pense pas. Le débat permet tout du moins de partager des points de vue et de considérer surtout que l'identité nationale ne se décrete pas, elle est d'avantage un héritage, l'aboutissement d'une histoire, d'un environnement et de valeurs.
Au fond, lorsqu'on évoque la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité, ne posons nous pas les fondements d'une société du vivre-ensemble et d'un modèle social hérité et dont nous avons obligation de préserver?
Je considère pour ma part que notre identité nationale, c'est bien un tout auquel chacune et chacun peut se retrouver, c'est un ensemble de droits et de devoirs, c'est notre modèle social qui permet à chacun de pouvoir vivre dans une société plus juste et plus solidaire et c'est enfin l'envie de partager un avenir commun.

Retenue par une cérémonie de voeux, je transmettrai ce texte à M.Philippe Galli, Préfet du Loir-et-Cher en lieu et place de ma participation au débat.

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30 décembre 2009

Meilleurs voeux

A tous, je présente tous mes vœux de bonne et heureuse année, en ayant une pensée toute particulière pour celles et ceux qui souffrent de la maladie, qui sont touchés par le chômage, la précarité ou sont victimes de l’exclusion.

2009 a été marquée par la crise économique dont on voit les ravages un peu plus chaque jour: il y a les entreprises dont on parle dans la presse, et il y a celles qui, plus sournoisement, souffrent, se séparent de leurs salariés ou ont recours au chômage partiel. Le vendômois comme notre Région n'y échappent pas.
Pour celles et ceux qui sont touchés de plein fouet par cette crise économique, la période de voeux qui s'ouvre ne peut se faire sans penser à leur angoisse pour boucler les fins de mois et subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles.

Mais une nouvelle année doit être le moment de délivrer des messages, si ne n'est d'espérance, mais au moins d'ambition et de valeurs pour guider nos choix : Ambition pour que toutes les énergies et toutes les responsabilités soient mobilisées, plus inventives que jamais, pour soutenir les initiatives, en particulier celles permettant de maintenir l'emploi et créer de nouvelles activités. Et des Valeurs de solidarité, des valeurs d'égalité, des valeurs de justice sociale et de progrès pour tous à décliner dans notre société.

J'ai souhaité cette année en écrivant mes voeux sur ce blog choisir une image pleine de symbole : elle montre l'importance de l'éducation partout et pour tous, l'accès à ce droit élémentaire de savoir lire et écrire, le sens donné à l'école et à l'égalité des chances.

« L’égalité, c’est la loi même du progrès humain " (Jules Ferry) .

Que 2010 soit placé sous le signe de cette ambition, ces valeurs et ce symbole.

Je vous renouvelle tous mes voeux.


Source photo: UNICEF

28 décembre 2009

Des services et des activités

En guise de dernier billet pour l'année 2009 , c'est au travers de deux exemples bien précis et récents que j'évoquerai l'importance de l'action et du soutien aux initiatives locales utiles pour les habitants et notre département. Ces deux projets soutenus financièrement par la Région m'ont amenée à être présente le 18 décembre à St Georges sur Cher et à Oucques le 19 décembre.

Deux projets, l'un achevé puisque c'était l'inauguration d'un espace commercial situé en centre-bourg, l'autre, à ses prémices, puisque c'était une pose de première pierre.
L'un au sud du département, l'autre au nord.
L'un soutenant et encourageant l'activité économique et artisanale, le petit commerce de proximité, et l'autre permettant aux 3500 habitants du secteur d'accéder très prochainement en un même lieu aux professionnels de santé .
Les deux réunissant un Ministre, un Président de Région, un Président de Conseil Général, des représentants des communautés de communes, des services de l'Etat et des chambres consulaires.*

Ces deux projets sont bien plus que des exemples. Ils symbolisent à eux deux toute l'énergie qui est déployée dans nos territoires ruraux pour porter des projets innovants et permettre aux habitants de vivre et aux services de proximité de se développer. Les deux sont liés. Sans activité et offre économique, pas d'emploi. Sans services de proximité, les territoires perdent en atouts et les populations ne restent pas ou ne viennent pas s'y installer.

Cercle vicieux ou vertueux auquel les élus locaux n'échappent pas dans la gestion de leurs communes. C'est à eux, tous ceux que j'ai rencontrés encore tout au long de cette année écoulée, que ce billet est destiné en guise d'hommage. Au fond, les manifestations auxquelles je me suis rendues telles que les inaugurations ou les poses de première pierre ne sont que l'aboutissement de longs processus qui prennent parfois plusieures années, de dossiers à monter, d'autorisations à rechercher, de subventions à solliciter.

Beaucoup d'énergie pour un seul but: développer le territoire, apporter plus de bien-être aux habitants, soutenir les initiatives et les activités en tout genre.

Et comble de l'injustice, c'est souvent vers eux que se tournent les critiques ou les éternels insatisfaits, mais rarement les remerciements et les encouragements!

Chose faite sur ce blog pour clore 2009 avant de le faire de vive voix à l'occasion des nombreuses cérémonies de voeux auxquelles je participerai dans les jours prochains.


*Etaient présents notamment Hervé Novelli, Secrétaire d'Etat chargé du commerce, de l'artisanat, des PME/François Bonneau, Président du Conseil régional du Centre / Maurice Leroy, Président du Conseil général du Loir-et-Cher/ Alain Courtois, Président de la CCI/ Jean-Paul Marchau, Président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat

Les photos de ces visites sont à visionner en cliquant ici

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22 décembre 2009

A propos des Régionales (19): revue de presse

Article publié dans la Lettre Valloire de Décembre 2009.

16 décembre 2009

Un travail d'inventaire, un devoir de mémoire

Jeudi et vendredi le conseil régional du Centre réunira sa dernière session de la mandature, les échéances électorales étant prévue en mars prochain.

Dernière séance plénière avant le renouvellement de l'assemblée régionale, dernière séance pour l'élue sortante que je suis, l'occasion pour moi non pas de dresser ici un bilan de mandature collectif ou personnel, mais d'analyser avec le recul nécessaire le contexte dans lequel se déroulera cette session:
- une actualité riche sur fond de réforme des collectivités locales et de leurs ressources via la taxe professionnelle
- une ambiance de pré-campagne électorale avec les postures attendues des différents groupes politiques

Les deux étant liées avec un ordre du jour portant sur le vote du budget, un devoir d'inventaire et de mémoire me semblent utiles pour décrypter les clés d'une séance attendue.

Elue en mars 2004, je lançais un an après un blog, conçu comme un journal de bord ayant pour but de partager mon action de conseillère régionale, faire partager mes réflexions sur des sujets d'actualité et contribuer ainsi au débat, une contribution nécessaire pour tout responsable politique.



Un des premiers enjeux justifiant la mise en ligne de cet outil, c'était la question institutionnelle, la complexité d'un dispositif où les enchevetrements des collectivités rendaient bien peu lisible l'action qui allait être la mienne comme Conseillère régionale. L'édito toujours en ligne sur mon blog aujourd'hui stipulait « nos institutions de la 5e République sont en crise, il y a urgence à redonner un sens à l'action et à l'engagement politique et à ressouder les français avec celles et ceux qui les représentent à travers un mandat électif. Elue au Conseil Régional du Centre depuis 2004, je me rends compte que la Région et son action semblent bien opaques et complexes pour mes concitoyens. ».

En écrivant cela, je me situais dans la continuité de positions adoptées au sein du PS mettant en évidence l'urgence à ce que notre pays engage une réforme en profondeur de nos institutions à tous les échelons. Elue sur la liste PS aux élections régionales, au titre de la motion Pour un Nouveau Parti Socialiste présentée au Congrès de Dijon en 2003, la clarification des compétences des territoires était l'un des axes majeurs de la démarche que nous, responsables politiques, devions entreprendre. A ce sujet, le texte que j'avais signé stipulait que « la législation actuelle repose sur une fiction : celle des "blocs de compétences" que devaient respecter les communes, départements et régions. C'est le contraire qui en a résulté. Plus personne ne sait qui fait quoi, et les financements croisés ajoutent au brouillage des interventions. Tous les niveaux de gestion ont été conservés et d’autres ont été crées dans le cadre de l'intercommunalité. Les programmes européens ajoutent encore de l'opacité. »

Au point d'exprimer clairement que « L’objectif de fusion de plusieurs échelons territoriaux doit être posé et réglé dans le cadre de la nouvelle République. »

La nécessité de réfléchir à une nouvelle organisation des pouvoirs en France m'a conduit à rejoindre la Convention pour la 6e République et en décembre 2005 à créer son association départementale dans le Loir-et-Cher, aux côtés de Marc Gricourt et Jean-François Mortellette. L'ouvrage phare ayant servi de déclencheur à la création de la C6R est signé par son fondateur, Arnaud Montebourg. Au sujet du mille-feuille territorial, l'orientation y est très claire: « Ces évolutions importantes ne pourront pas s’épargner le choix courageux de supprimer les conseils généraux, ancien instrument d’oppression des territoires et de l’esprit local, devenu aujourd’hui un instrument de féodalisme budgétaire et politique local. » (La machine à trahir, 2002)

L'objectif de réformer nos institutions est devenue systématique dans tous les textes d'orientation présentés lors des congrès du PS qui ont suivi 2002, que ce soit au Mans en 2005 ou à Reims en 2008.

Au congrès du Mans où la motion soutenue par François Hollande arrive en tête, chacun s'accorde sur le constat d'une « crise démocratique profonde dans notre pays (abstention massive, montée des extrêmes, affaiblissement de la représentativité des partis de gouvernement) qui s’est traduite par une distance de plus en plus grande à l’égard des politiques et même de défiance à l’égard de la politique. Notre volonté est de faire évoluer les institutions vers une démocratie moderne basée sur la responsabilité de tous les acteurs, et la participation accrue des citoyens. »(1). Une nouvelle loi de décentralisation ayant été adoptée en 2004, avec de nouveaux transferts de compétences et des charges non compensées par l'Etat, il s'agit bien désormais d'insister sur la nécessaire clarification des compétences: « L’Etat se recentrera sur ses responsabilités, garantira que les transferts des compétences aux collectivités s’accompagnent vraiment des transferts financiers correspondants. La Région sera reconnue comme chef de file dans le domaine du développement économique, de l’aménagement du territoire et dans la formation professionnelle. Les structures de coopération intercommunales (EPCI) verront leurs compétences accrues dans les domaines liés aux grandes infrastructures, au transport, au logement et à la politique foncière. Les départements se verront confortés dans leur rôle de solidarité et de proximité ». (1).
Compte-tenu du déséquilibre important au sein des assemblées départementales résultant d'un découpage inégal entre les cantons ruraux et urbains, pour la première fois, il est évoqué le mode d'élection sans aller plus loin sur les modalités: « le mode d’élection des conseillers généraux sera modifié pour assurer une meilleure représentativité »(1).

L'intercommunalité aussi, dont le développement sur le territoire s'accompagne de compétences élargies, est aussi évoquée et se retrouve dans les congrès successifs avec la volonté affichée et partagée de rendre éligible au suffrage universel direct ces structures. Il s'agit bien là de rénover « La démocratie locale en désignant au suffrage universel les structures intercommunales » (1)

A Reims, la problématique de l'enchevetrement des collectivités locales est reprise, mais sous un nouvel angle : celui de l'efficacité et des problèmes de gestion que cela pose. Dans la motion que j'ai signée, et qui est arrivée en tête du vote des militants, nous y écrivons que « L’articulation des différents échelons de responsabilités est incohérente et la répartition des compétences manque de clarté, ce qui génère beaucoup de dépenses tout en freinant l’efficacité. » (2).
L'inefficacité du système actuel (manque de clarté dans les compétences, transferts de charges), appelle à une réforme en profondeur car la situation actuelle est jugée insatisfaisante pour les élus locaux : « Les collectivités locales subissent une décentralisation imparfaite car jacobine et pas assez volontariste. Les élus locaux sont tenus d’appliquer des lois et des décisions gouvernementales auxquelles ils n’ont pas été associés, sans avoir les moyens financiers, humains et techniques. Cette contradiction les renvoie à des difficultés quotidiennes souvent insurmontables. »(2). En ce sens nous proposons clairement de « Démêler le « mille-feuilles » de compétences entre les régions, conseils généraux, communes et intercommunalités. »(2).

Martine Aubry, devenue Premier Secrétaire du PS lors du Congrès de Reims, insiste dans son texte d'orientation sur « La nécessaire réorganisation territoriale devra faire l’objet d’un vrai débat national de refondation de la décentralisation, avec pour triple objectif de renforcer la proximité, de clarifier les compétences et d’assurer la responsabilité. »(3)

On le voit, congrès après congrès, nous avons posé l'enjeu de revoir notre organisation territoriale, jugée innapropriée, innadaptée et illisible, mettant en péril même la démocratie dans notre pays, en partageant le constat que les électeurs ne comprennent plus les processus de décisions locales, ne participent pas directement aux élections des intercommunalités et les lois successives de décentralisation initiées par la gauche appèlent à un grand débat afin de reposer les enjeux.
Cet inventaire fait, il est évident que la réforme étant actuellement lancée par le Gouvernement, il est de notre devoir en tant que responsables politiques, d'y participer, d'y contribuer, d'y apporter notre pierre et nos amendements.
L'assemblée régionale sera renouvelée en mars 2010, les nouveaux élus seront désignés pour quatre années seulement, au lieu des six auparavant, pour permettre la mise en oeuvre en 2014 de la nouvelle organisation territoriale en France.

Pour ma part, et compte tenu des extraits retrouvés au fil des textes proposés dans les orientations politiques que j'ai soutenues ou devenues majoritaires à l'issue des congrès, je considère bien volontiers que réformer est un acte nécessaire et un enjeu majeur pour notre démocratie. De scrutins en scrutins, les électeurs désertent malheureusement les bureaux de vote, pire encore ils disent ne plus s'y retrouver dans les méandres des institutions actuelles tellement elles sont enchevêtrées et complexifiées.
Je ne suis pas du tout opposée à l'idée de réformer nos institutions, de clarifier nos compétences et redonner une nouvelle forme de démocratie dans les lieux de décisions essentiels sur nos territoires. Certes ce projet de réforme comprend des avancées significatives mais certains aspects me posent un réel problème. Je me suis exprimée à ce sujet dans une tribune publiée au mois d'octobre dernier.



Deuxième aspect du contexte, il s'agit des finances et de la réforme de la Taxe professionnelle, alors que notre assemblée régionale va voter son budget.

Le gouvernement s’apprête à supprimer dans le cadre de la loi de Finances 2010, la taxe professionnelle acquittée par les entreprises. Ce projet de loi a entrainé un débat considérable dans le pays, à tous les échelons et au sein des associations d'élus, quelque soit la couleur politique. Un débat et des inquiétudes transversales en somme.

Il est évident que les collectivités qui réalisent 73% des investissements publics partagent toutes le meme objectif à savoir continuer à investir, avoir les moyens pour le faire et être autonomes dans leur processus de gestion.

Vaste sujet, depuis 25 ans, les gouvernements successifs constatent l'inefficacité de cette taxe : c’est en effet en 1983 que le président François Mitterrand avait jugé qu’il s’agissait là d’un « impôt imbécile ».

L'une des premières critiques de la Taxe Professionnelle était qu'elle pénalisait l’emploi. Ainsi, en 1999, le gouverment Jospin a supprimé la part des salaires incluse dans l’assiette de cet impôt entrainant un résultat peu encourageant : celui de pénaliser à juste titre notre tissu industriel car la taxe reposait sur les investissements matériels : terrains, bâtiments, machines… pendant que les entreprises de services, interim, elles, étaient encouragées.

La proposition de créer une « contribution économique territoriale » est fondée sur la valeur ajoutée des entreprises, c’est-à-dire pour l’essentiel la somme de leurs coûts salariaux et de l’amortissement de leurs investissements.

La réforme en soi de la Taxe Professionnelle est peu développée au cours des différents congrès, les textes étant assez généralistes. Pour autant, Martine Aubry fait le lien très clairement lors du dernier Congrès entre la nécessité de soutenir les territoires et la réforme de la fiscalité: « L’autonomie et la justice fiscale doivent aussi être restaurées : la taxe professionnelle, dont les réformes successives ont cassé sa dynamique conduisant à une véritable asphyxie financière, doit être remplacée par une cotisation assise sur la valeur ajoutée et la taxe d’habitation doit prendre en compte progressivement les revenus. », position reprise par la Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains en février 2009 : « Les élus socialistes et républicains sont favorables à une réforme globale de la fiscalité locale , qu’ils considèrent effectivement comme injuste socialement et inefficace économiquement ; cela intègre des évolutions concernant la taxe professionnelle . »

Plus récemment, en juin 2009, dans un communiqué, le PS « s’élève avec force contre ce projet actuel injuste et dangereux mais considère, dans le même temps, que la réforme des finances locales est un impératif de justice, d’efficacité et de lisibilité démocratique. »




Réforme des collectivités locales, réforme de la fiscalité, deux sujets phares qui seront portés par les différents groupes politiques au sein de l'hémicyle régional avec inventaire à la clé, le constat évident que certaines des propositions ont été partagées dans nos propres orientations au fil des trois derniers congrès du PS.

Se pose alors la question de la posture et du rôle d'un parti politique. Doit-il se situer dans l'opposition systématique dès lors qu'il n'appartient pas à une majorité de décision ou bien doit-il contribuer au débat, s'opposer avec fermeté quand c'est nécessaire, apporter des contre-propositions et alimenter le réflexion, voir valider des orientations quand elles sont partagées?

Cette posture vaut pour l'engagement de toutes celles et tous ceux qui agissent dans toutes les sphères politiques, que ce soit au sein d'une instance départementale, régionale ou nationale. Dans la motion d'orientation du Congrès de Reims, nous écrivions que « Car c’est en regagnant l’hégémonie intellectuelle que nous gagnerons les nouvelles batailles politiques. Nous voulons que le Parti Socialiste redevienne le parti de la pensée.Une pensée que nous avons délaissée depuis trop longtemps et qui pourtant s’impose. A ne pas le faire, nous devenons conservateurs. A ne pas le faire, nous perdons notre capacité à dessiner des perspectives. A ne pas le faire, nous laissons des femmes et des hommes désabusés quant aux propositions que nous leur présentons. »(2)

Je considère pour ma part que la contribution au débat de tout responsable redonne la crédibilité à la Politique. Aujourd'hui, faute de lignes claires et de message audible, le paysage politique dessiné par une opposition socialiste trop souvent illisible et stérile rend le débat sur les grandes réformes actuelles parfois pauvre et sans ambition.
« A ne pas le faire, nous devenons conservateurs »... Pour ma part, et sans l'ombre d'un doute, je continue à m'inscrire dans le camp du progrès, de la proposition et ...de la pensée !


(1).Motion Hollande, Le Mans 2005
(2).Motion Collomb-Royal, Reims 2008
(3).Motion Aubry, Reims 2008

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13 décembre 2009

Les salons et forums de l'orientation en région Centre : nouvelle édition

Vendredi dernier a débuté le premier salon de l'orientation dans notre région, destiné aux lycéens du Cher. Organisé à Bourges vendredi et samedi (une première pour permettre la présence des familles durant le week-end), ce premier salon sera suivi par 10 autres dans toute notre région.

Présidente du comité de pilotage au Conseil Régional dont l'objectif est d'organiser et donner une cohérence globale à tous ces forums et salons dans la région, je me suis rendue sur place à Bourges vendredi matin afin de rencontrer tous les interlocuteurs, représentants de l'Inspection Académique du Cher et chefs d'établissements et inaugurer ce forum. Indéniablement, le travail effectué au sein du pilotage régional en concertation avec les services du rectorat et de la Draaf, la Dronisep et tous les pilotes de chaque forum porte ses fruits à chaque nouvelle édition.

Pour Bourges, nous avons renforcé notre appui sur l'organisation du salon avec la présence d'un Assistant à la Maitrise d'Ouvrage, spécialement mandaté pour l'occasion. Le résultat est efficace, avec une organisation reprenant le modèle que nous encourageons au niveau régional, à savoir une organisation du salon par pôles métiers, avec une signalétique adaptée.

Je considère l'orientation au lycée comme primordiale. Notre système scolaire véhicule encore trop d'échecs, trop de sorties sans qualification, il est donc nécessaire que chacun, dans le cadre de ses responsabilités, puisse apporter une réponse adaptée à une situation qui n'est pas inéluctable.

Une des ambitions que porte la réforme du lycée et que je partage, c'est l'amélioration de l’orientation de nos élèves. L'accompagnement des lycéens tout au long de leur scolarité doit leur permettre de construire un parcours de découverte des formations et des métiers avec des conseils adaptés par des professionnels et un suivi individualisé.

L'implication des familles est aussi à mon sens un élément incontournable de ce dispositif. C'est la raison pour laquelle, j'ai souhaité que les fédérations de parents d'élèves rejoignent le comité de pilotage régional des forums et salons depuis un an. C'est en ce sens aussi que j'encourage fortement que nos forums et salons se tiennent si possible le samedi, ce qui est le cas de Bourges, Orléans, Châteauroux, Tours et Chartres et que les autres aient des horaires appropriés.

Il est à noter également que notre région dispose d'un outil en ligne donnant tous les renseignements nécessaires pour connaitre toutes les formations. Le site Etoile a également été reconnu comme expérimental dans le cadre du Plan Hirsch.

Le site Etoile annonce les dates des prochains salons d'information et d'orientation. Prochain RDV à Orléans les 8 et 9 janvier 2010.

11 décembre 2009

Mosquée et Laïcité

J'ai accepté avec enthousiasme de participer à l'invitation de l'Association Vivre Ensemble à la pose de la première pierre de la future mosquée de Blois et je considère que cet évènement est hautement symbolique pour l'ensemble de la communauté musulmane.

Alors que la Suisse vient de se prononcer contre la construction des minarets dans le cadre d'un référendum à l'initiative des mouvances nationalistes et d'extrême droite, il est important que la France, république laïque, permette et garantisse à chacun le libre exercice de pouvoir exercer librement son droit individuel de croyance et de culte.

Le respect de l'individu passe nécessairement par la reconnaissance de ce qui lui est le plus personnel, à savoir sa croyance. On peut avoir un ou plusieurs Dieux, ou pas de Dieu du tout, mais il est nécessaire que dans notre République où les trois mots « liberté, égalité, fraternité » trônent sur tous les frontons de nos mairies, que chacune et chacun puisse avoir sa liberté d'être et de penser.

A Blois comme encore trop souvent ailleurs, les fidèles de la deuxième religion de France, l'Islam, sont contraints de se retrouver pour exercer leur culte dans des lieux exigus, voire inconfortables, et souvent insalubres. Parkings souterrains, caves de HLM.., ce n'est pas admissible dans une société moderne et civilisée que le respect d'une religion ne puisse pas se traduire par la possibilité offerte à ses croyants de la vivre dans des lieux adaptés et dignes.

La France, héritière de la civilisation chrétienne, possède sur son territoire de nombreux lieux de culte. Ceux construits avant 1905, loi dite de séparation entre l'Eglise et l'Etat, sont entretenus par les deniers publics. Ceux construits après 1905 échappent à cette règle. Ainsi l'Islam et les autres religions, arrivées plus tard, au rythme des vagues d'immigration, doivent construire des lieux de culte financés exclusivement par des fonds privés.

Le projet architectural blésois fait l'objet de nombreuses réactions au sein des mouvances d'extrême droite de notre pays. Il est possible que l'acte symbolique qui sera donné, à savoir la pose de la première pierre de la future mosquée de Blois, ravive une polémique caricaturale, basée sur l'ignorance et la peur de l'autre. Un minaret est tout sauf une question d'urbanisme. Il fait partie intégrante de la religion musulmane, au même titre que les clochers sont sur nos églises. La construction d’une grande mosquée est surtout un symbole, celui de l’intégration et de la reconnaissance de l’Islam. La Mosquée représente aussi lieu de culture, d'ouverture et de dialogue avec la société civile et les représentants des autres religions.

La France, pays des Droits de l'Homme, doit garantir le respect de tous ses habitants et cela passe nécessairement par le respect des religions. Notre pays doit savoir porter l'idée d'un islam de France et affirmer que cette religion, comme toutes les autres, y a sa place dans la société. Cela passe nécessairement par l’ouverture de lieux de culte en quantité suffisante et la construction de mosquées, la création de carrés musulmans dans les cimetières. Les maires ont un rôle moteur à jouer, tout comme ils peuvent avoir une capacité de blocage considérable, en refusant l'achat de terrain ou la délivrance de permis de construire sous des prétextes incompréhensibles.

Mais la France, pays laïc, doit aussi rester ferme et intransigeante sur ses principes. La Laicité affirmée permet la réelle unité du peuple, en garantissant la liberté de conscience de chacun, l'égalité de traitement de tous les citoyens et l'aspect universel de l'action de l'Etat. A ce titre, elle se doit de garantir la tolérance mais rester aussi rigoureuse envers toute forme de privation de l'être humain. Alors qu'une mission parlementaire sur la Burqa est en cours, je suis pour ma part favorable à son interdiction dans l’espace public . Je ne pense pas qu'une loi sur le port exclusif de la Burqa soit appropriée car elle pointerait le signe extérieur d'une religion, mais je pense qu'une loi relative à l'interdiction de tout ce qui nuit à l'individualité, à la singularité d'une personne, est nécessaire. Aucune aliénation de l'individu ne doit être permise dans un pays comme le nôtre .

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