Béatrice ARRUGA : Journal en Ligne

30 mai 2007

De retour d'Allemagne

Chaque année, le week-end de la Pentecôte est consacré à l'échange entre la section PS de Vendôme et celle du SPD de Gevelsberg, notre ville jumelée. Une année sur l'autre, nos amis viennent à Vendôme, l'autre, c'est à notre tour de s'y rendre.

Cet échange existe depuis bien longtemps, comme celui entre nos 2 villes. Au coeur de ce jumelage, ce sont des liens amicaux forts, des moments conviviaux et des échanges de points de vue sur nos engagements respectifs et la construction européenne.

Au programme, visite de Gevelsberg: la vieille ville mais aussi les projets récents ou en cours comme la construction du grand tunnel de contournement du centre-ville. Aussi, une ballade sur la Ruhr en bâteau et une visite en compagnie de mon collègue secrétaire de la section, Hubertus Kramer, du Parlement régional où il est élu Député.

D'autres photos sont visibles sur la rubrique album-photos.


20 mai 2007

La rénovation du PS en débat

Chut ! Silence ! On est en campagne pour les élections législatives de juin. Mais le feu couve sous la cendre. A l’épreuve de la défaite du 6 mai, les militants voient s’ajouter celle du retour de l’immobilisme de leur parti ... ou, pire encore, du faux unanimisme qui de synthèse molle en synthèse vide a conduit le PS dans l’état de délabrement qu’on lui connaît.

A l’heure ou les éléphants et les éléphanteaux (seul l’âge et l’expérience ministérielle séparent les premiers des seconds) sont subitement tous devenus rénovateurs, le débat doit s’ouvrir, et pas seulement au fond des arrières salles de café. Le débat doit sortir à la lumière surtout dans la perspective du congrès du PS que nous voulons pour la fin de l’année.

Nous n’avons pas fait la synthèse au Congrès du Mans, et pour cela nous avons été mis au ban du PS, chassés des appareils et des investitures, comme s’il fallait effacer jusqu’au témoignage qu’une synthèse n’était pas la condition préalable de la victoire présidentielle.

Nous avons fait le choix de l’alliance pour l’investiture de Ségolène Royal lors de la primaire interne au PS. Nous avons fait campagne, intensément, aux côtés des milliers de militants qui s’étaient engagés en soutien à la candidate qui incarnait le renouvellement attendu par les Français. Nous avons salué les avancées du Pacte Présidentiel en regard du projet du PS. Ces avancées nous ont un peu plus engagé aux côtés de la candidate.

Cette belle campagne, dont il faudra faire aussi le bilan critique, nous avait presque fait oublier combien le PS, notre vieux parti, que nous aimons encore, s’était sclérosé, stérilisé, vitrifié. Lors du Conseil National du 12 mai le choc a été rude : les lumières de la campagne éteintes, le couvercle s’est refermé, la chape de plomb est retombée entre habiletés du premier secrétaire et montée en ligne des ténors. Chacun s’en est aperçu puisque très vite il a été évident que ça se passait ailleurs.

Le PS est confronté à plusieurs risques majeurs, parmi lesquels :

- la dérive vers le "socialisme municipal" : indifférent aux enjeux nationaux, parce que devenu incapable de les prendre en compte et d’être vraiment une force d’alternance, le PS risque de devenir un parti amortisseur, dans les collectivités territoriales, auxquelles la décentralisation transfère le "social", des chocs liés aux réformes engagées par la droite. la SFIO a connu cela, dans les années 60. Avant la fondation du nouveau PS en 1971. Le retour au second tour de la présidentielle, d’une candidature issue du PS, grâce à Ségolène Royal, la mobilisation de 17 millions d’électeurs, la reconquête d’une partie de l’électorat populaire, montrent que cette dérive n’est pas inéluctable. Il faudra plus qu’un sursaut pour l’empêcher ;

- l’absence d’idées : l’élaboration du projet, après le Congrès du Mans, l’a montré. Le PS n’est plus en capacité de produire des idées, il n’est pas non plus en capacité d’intégrer les idées venues d’ailleurs, qui pourtant existent en abondance. Le PS a oublié, en 10 ans, sa capacité à débattre, et à trancher. Et de surcroît il est affecté d’une grave myopie stratégique : il ne regarde pas ou plus la société française telle qu’elle est mais telle qu’il aimerait qu’elle soit. Sa sociologie, sa pyramide des âges, n’aident pas à opérer la révolution culturelle qui s’impose. Pourtant, dans d’autres pays, les partis de gauche ont su opérer leur métamorphose. Mais pour cela nous avons besoin de chercheurs et d’innovateurs et pas des clercs célébrant le rituel vide de sens que nous a livré le Conseil National de samedi dernier, où chaque orateur jouait son rôle traditionnel et convenu dans une distribution sans surprise. Pour vaincre cette inertie mortifère il nous faudra de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ...

- la victoire par défaut, forcément annonciatrice de reflux rapide et de déceptions profondes. La séquence 2002 - 2007 marquée l’alliance ologopolistique entre éléphants autour des synthèses concoctées par le 1er secrétaire s’appuyait sur une option stratégique implicite : après le flux en faveur de la droite, il y aurait le reflux, l’alternance obligée, automatique. Il n’en a rien été : l’électorat a tué cette habileté, il a préféré le "sortant" parce que lui avait fait sa mue ... et s’est révélé pour une majorité nette de français, comme le plus crédible en regard de la demande de changement. Il est temps, plus que temps, de travailler à retrouver les fondamentaux des victoires politiques durables : rechercher l’adhésion à nos valeurs. Et ce n’est pas une simple question de programme politique, c’est une question qui a à voir avec la fameuse hégémonie culturelle dont Gramsci disait qu’elle précédait les victoires politiques.

Il est donc urgent de débattre, au risque de la "dispute".

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Le débat sera le terreau préparatoire du Congrès que nous appelons de nos voeux avant la fin 2007. Ce Congrès lancera le travail de refondation intellectuelle, il faudra donc le refonder lui-même. Il sera aussi le moment d’émergence d’un nouveau leadership qui rompra avec l’ambiguité et les habiletés des 5 dernières années. Nous pourrons alors nous opposer, clairement, frontalement, à l’hyper présidence de Nicolas Sarkozy. Nous n’aurons pas trop ensuite de quatre années pour construire un projet alternatif à celui de la droite.

Pour que le débat sorte un peu plus encore des catacombes, nous mettons le blog RM à la disposition de toutes celles et tous ceux qui veulent s’en saisir.

Il y a deux manières de faire :

1) poster des commentaires sur les fils de discussion ouverts. Les commentaires sont modérés afin d’assurer le respect de la netéthique.

2) ouvrir un fil de discussion en proposant un billet à mettre en ligne. Il suffit de l’envoyer à l’adresse courriel de la rédaction du site.

Précision : nul besoin d’être "rénovateur-trice" dûment estampillé ou même d’être encarté PS (encore qu’ adhérer en ligne avant le 30 juin serait un plus pour joindre le geste à la parole ... et avoir plus de chances de participer au prochain Congrès du PS !) ;-)

Rendez-vous sur le site Rénover, maintenant

Nouvelle rubrique sur mon blog: un album photo

Il suffit de consulter la colonne de droite et de cliquer dessus ou bien de se rendre à l'adresse suivante: http://www.flickr.com/photos/barruga/sets

18 mai 2007

Un gouvernement sans surprise

La nouvelle est tombée ce matin, j'étais alors sur les routes de Gironde où j'étais en mission pour le Conseil régional. J'assistais au championnat de France des Conseils régionaux, un rassemblement très convivial de près de 400 personnes. J'y reviendrai dans un autre billet...

Donc, à 9h45, l'oreille sur France Info, c'est finalement un gouvernement sans surprise qui nous a été annoncé. Sans surprise d'abord, parce que les "fuites" étaient tellement nombreuses depuis plusieurs jours que finalement on savait déjà qui rentrait et quelles allaient être les missions de chacun.

Ce que j'en retiens, c'est une mise en scène habilement orchestrée d'un gouvernement d'union nationale, avec des transfuges du PS et de l'UDF.
Mais ne nous n'y méprenons pas : la politique ce ne sont pas des personnes mais un programme et des actes, en passant par un bilan. Et en la matière, je ne juge pas de la bonne intention de B.Kouchner de s'engager dans le gouvernement, mais je me demande bien quelle va être sa marge de manoeuvre, quand, il faut bien le rappeler, les affaires étrangères restent le domaine réservé du Président de la République.
Et sur le fond, je m'interroge sur les capacités de B.Kouchner à être en accord avec la politique atlantiste de N.Sarkozy ou sa vision européenne.
Quant à sa posture personnelle, il faut avouer que cette campagne électorale nous aura offert de très beaux scénarios de revirement et ralliements. Un gouvernement qui met en scène à ce point ceux qui se retournent contre leur propre famille politique démontre combien le cynisme peut être une arme redoutable.
Avec 3 proches du PS au sein du gouvernement, on voit bien quel message a voulu donner N.Sarkozy aux électeurs à quelques semaines des législatives. Mettre à mal l'opposition, mettre en scène ses divisions évidentes et raffler ainsi le maximum de circonscriptions.

Avec un seul représentant de l'UDF alors qu'on en attendait d'autres, là pas de message. Plutôt un constat que traduisent tous les sondages: l'UDF, ou plutôt le MODEM n'est pas une menace. Ceux qui sont restés à l'UDF ont rallié sans hésitation la majorité présidentielle, il n'y a donc rien de plus à faire pour pousser un ralliement déjà acquis. Et en positionnant un très proche de F.Bayrou, H.Morin, le Président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, l'annonce est suffisante et symbolique.

On retrouve aussi le gage de la droite traditionnelle (plutôt traditionnaliste) avec l'arrivée de Christine Boutin.

On retrouve aussi quelques fidèles de la chiraquie, là aussi, le mot d'ordre c'est le rassemblement de la famille politique UMP, utile aussi pour mobiliser les troupes à l'aube des élections.

Enfin, un gouvernement sensé incarner la "rupture" qui recycle un ancien Premier Ministre qui a été condamné, une majorité des ministres du gouvernement De Villepin, il y a mieux... Chacun jugera.

Dans le Loir-et-Cher, le suspens est levé. Notre député sortant vendômois, hier pressenti, n'a pas été "retenu" pour l'agriculture et ce, malgré tous ses efforts entre les 2 tours des présidentielles lorsqu'il a décidé de rejoindre la majorité Sarkozy.
Sa non-sélection, il l'avait annoncé avant l'heure lors du vernissage d'une expo locale à Villiers-sur-Loir.
A observer la composition de ce gouvernement réduit et composé pour livrer un message, cette non-nomination m'étonne peu, compte-tenu des observations que je viens de dresser. M.Leroy n'avait pas caché ses intentions, très parleur sur la questions d'ailleurs y compris dans la presse, avec l'ambition qu'on lui connait (...), mais l'UDF visiblement ne constituait pas un poids incontournable dans ce gouvernement de transition et d'image.
Aussi la nomination de Christine Lagarde semble plus satisfaire la puissante FNSEA que la présence d'un élu local issu d'une territoire rural. Entre le poids d'un lobby ou l'étiquette politique, le choix a été fait (lire à ce sujet un article sur Web Agri très révélateur).

Dans la circonscription, la surprise vient plutot de la candidature d'un dissident de l'UMP, ce qui nous donne 2 candidats pour la même étiquette "majorité présidentielle", les électeurs risquent d'avoir des difficultés pour s'y retrouver! A droite, la campagne risque d'être rude entre le sortant et l'outsider, qui fraichement suspendu de l'UMP, va tenter le tout pour le tout.

Mais ne nous y trompons pas, il n'y a pas de triangulaire, mais bien 2 visions de la politique, valeurs contre valeurs, projets contre projets. Entre le député sortant et son outsider, c'est bien le même projet et la même étiquette qui seront portées. A gauche, je ne veux pas minimiser l'influence des candidats verts et PC qui se sont engagés dans la bataille, mais il n'y a bien que la candidature socialiste qui peut faire le poids.

Cette campagne ne doit pas être une campagne contre ou pour des personnes, mais bien une campagne politique, entre 2 visions de la société. Aux électeurs de s'en saisir et de ne pas se tromper... Seul le vote socialiste constitue l'alternative contre la droite installée à la tête de l'Etat.

Pour ma part, c'est le sens que je donnerai à cette campagne à 3 semaines du premier tour. J'étais il y a quelques jours interrogée par téléphone (d'où un son moyen) sur Radio Plus. Vous pourrez retrouver cette interview complète en cliquant ici.

13 mai 2007

Le nouveau bulletin de la société archéologique est sorti

La semaine dernière avait lieu la présentation à Villiers-sur-Loir de la nouvelle édition du bulletin de la société archéologique du Vendômois qui regroupe 450 adhérents. Chaque année, après un travail méticuleux et extremement riche, c'est une part de notre patrimoine qui est ainsi rendue au public à travers une série d'articles passionnants.

Et l'ancienne étudiante en Histoire que je suis ne peut que se passionner pour ce travail qui vaut bien un message sur mon blog!



Du nouveau numéro de cette société, qui rappelons-le date de 1862 et est actuellement présidée par Philippe Rouillac, je retiens notamment les articles consacrés à:
- Louis Besnard-Ferron, originaire de Villiers-sur-Loir, qui fut député SFIO de notre circonscription, et l'un des fondateurs de la fédération départementale du parti socialiste qu'il présida en 1913. Il fut aussi conseiller général de Vendôme pendant 25 ans (!) jusqu'en 1945.
- l'application de la loi de 1905 sur la séparation de l''église et de l'Etat en vendômois
- le Sanctus Beatus dans l'église d'Areines (reproduit en première page du bulletin annuel)

J'ai également assisté le 4 mai à son assemblée générale qui se réunissait pour la 374 e fois, dans la salle d'honneur de la Porte St Georges.

Plus d'infos sur le site de la Société Archéologique du Vendômois

Quel gachis

Dans le genre injuste-inefficace-contre productif (...je m'arrête, car la liste pourrait être longue), le plus jeune député socialiste de France, Lilian Zanchi, se voit contraint de quitter le PS, car celui-ci ne lui donnera pas l'investiture officielle pour les législatives.

Un peu d'explication: le PS s'est engagé à la parité absolue dans la représentation des candidatures aux futures législatives. Au final, elles ne représenteront que 46% des candidatures. Quant aux circonscriptions gagnables, RDV le soir du 2nd tour.
Cette parité a été construite au mieux avec les militants, parfois contre eux. Et oui, parfois pour faire évoluer les mentalités, il faut forcer le destin. Il faut rappeler également que les candidatures féminines ont été prioritaires là où il n'y avait pas de candidats sortant.
Lilian Zanchi est dans un cas particulier. Il était le suppléant de Nathalie Gautier, décédée tragiquement d'un cancer il y a près d'un an. Lilian a repris le flambeau et assume cette mission. Il est donc le député sortant.

Pour connaitre la suite, voici ce qu'il écrit dans son communiqué de presse:

LILIAN ZANCHI, PLUS JEUNE DÉPUTÉ SOCIALISTE DE FRANCE, QUITTE LE PARTI SOCIALISTE

Le 1er septembre 2006, Nathalie Gautier, députée de la 6e circonscription du Rhône (Villeurbanne), est décédée. Lilian Zanchi, son suppléant, lui a succédé à l'Assemblée nationale. A 38 ans, il devenait le plus jeune député socialiste de France et le seul à avoir moins de 40 ans au sein du groupe socialiste.

Tout au long des dix mois où Lilian Zanchi a siégé à l’Assemblée nationale, il a mené le combat contre le gouvernement UMP, en étant co-responsable, pour le groupe socialiste, des projets de loi Prévention de la délinquance et Protection de l’enfance. Il est également intervenu pour défendre la proposition de loi sur la pénalisation de la négation du génocide arménien.

Engagé depuis l’âge de 18 ans au sein de la section villeurbannaise du Parti socialiste, Lilian Zanchi a rejoint le combat d’Arnaud Montebourg pour la rénovation des idées et des pratiques du Parti socialiste, en 2002.

C’est tout naturellement qu’il a été membre fondateur, aux côtés d’Arnaud Montebourg, de Rénover maintenant dont il est le coordinateur de la région Rhône-Alpes.

A l’heure où l’expression de nos concitoyens a démontré plus que jamais son désir de rénovation de la vie politique française, à l’heure où la rénovation est devenue le cri de ralliement du Parti socialiste à la suite de l’élection présidentielle, paradoxalement, le plus jeune député socialiste de France, ayant mené ce combat de la rénovation depuis 2002, n’est pas investi. Lilian Zanchi est victime d’un Parti socialiste sclérosé et verrouillé à tous ces échelons.

Fidèle à son engagement pour le renouveau politique et à son travail avec les Villeurbannais, Lilian Zanchi a donc décidé de quitter le Parti socialiste et de mener le combat des législatives sous la bannière de la gauche socialiste et républicaine.

Villeurbanne, le 11 mai 2007

12 mai 2007

"Promenade parisienne"

C'est comme cela que je qualifie mon escapade du jour pour assister au conseil national du PS qui se tenait à la Mutualité. Un conseil sans saveur, sans enjeux, sans vague, (il le fallait), pour tracer la route pour la campagne des législatives.

Le mot d'ordre, "rassemblement", a été prononcé par tous les orateurs, chacun se permettant toutefois d'évoquer certaines raisons de l'échec, d'autres se positionnant sur la recomposition du PS.

Enfin, chacun s'accorde également pour porter la "rénovation", terme devenu désormais à la mode et fréquentable (ENFIN ;))


Dernier message: Mobilisation générale dans les 577 circonscriptions!

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Retour sur les interventions:

"Il faudra donc faire preuve d’ingénierie politique, de créativité idéologique, et il faudra, c’est vrai, refonder." par A.Montebourg


Chers camarades, dans cette magnifique campagne qui laisse derrière nous des moments extraordinaires, nous avons vu, après les résultats de ce scrutin, réapparaître les deux France : à l’ouest, baignée dans la tradition démocrate chrétienne, plus urbaine, plus optimiste d’ailleurs, à l’est, la France, qui d’ailleurs avait voté non massivement au TCE, cette immense flaque bleue qui ensevelit d’ailleurs beaucoup de nos positions politiques, plus rurale, davantage périurbaine, et qui a fusionné et réalisé la fusion dans les urnes des trois droites.

Nous avons pu observer aussi les avantages stratégiques pris par nos adversaires, une organisation partisane quasi militaire autour d’un leadership de moins en moins contesté au fil du temps, une offre politique nouvelle à droite que nous avons su qualifier, mais que nous n’avons pas su vaincre. Saisissement de thèmes nouveaux. Positions politiques nouvelles, quand elles n’étaient pas dangereuses et provocatrices, jusqu’à l’atlantisme qui a été assez clairement assumé dans cette campagne. Une démonstration de puissance et de force dont nous n’avons pas pu offrir le pendant.

La droite n’est quand même pas, il faut le dire, sans contradictions et sans faiblesses. Nous avons pu observer les dérives démagogiques de l’adversaire, les promesses sans limite, et y compris sur le terrain social qu’il a cherché à occuper sur nos thèmes, il ne suffisait pas qu’il s’emparât de certains de nos symboles de nos grands dirigeants du siècle précédent, il est allé sur notre terrain, et y compris faire des propositions, et la question : est-ce qu’il y aura une opposition suffisante ? Nous disposons aujourd’hui d’une majorité UMP, 67 % des sièges, il suffira qu’une opposition suffisamment forte puisse mettre le doigt sur ces contradictions dès la campagne des législatives.

Préférence européenne et communautaire, comme il l’a affirmé, protection de l’agriculture et de l’industrie comme il l’a prétendu, ou adaptation du pays aux standards anti-sociaux de la mondialisation. Augmentation des plus petites retraites, plus 25 % a-t-il même déclaré pendant le débat, ou diminution des impôts, comme le bouclier fiscal en est la préfiguration, et réduction paraît-il de la dette.

Il faudra bien que nous soyons présents sur les failles politiques de ce qui pourrait, si nous n’y prenons pas garde, être, c’est vrai, certains l’analysent ainsi, je pense que nous pouvons encore avoir quelques doutes, un nouveau cycle politique dans le pays par rapport à la remise en question des compromis sociaux et politiques, notre premier secrétaire le faisait justement observer, noué il y a cinquante ans dans les accords passés avec le gaullisme dans la période de la Libération.

Il n’est pas certain, chers camarades, que l’esprit de la responsabilité individuelle, conçu par la droite comme le seul outil de régulation sociale sur les questions fondamentales mêmes de la protection sociale puisse convaincre durablement une majorité dans ce pays, qu’il est le salut dans un pays qui a besoin de politique, qui a un génie politique et qui est capable de maîtriser, il l’a montré dans son histoire, son destin en orientant des choix qui subissent et qui engendrent des efforts pour chacun de ceux qui appartiennent au pacte politique.

Pour cela, cela suppose, et c’est là la question de nos futurs débats après les élections législatives, nous avons évidemment à reconstruire nos positions politiques par rapport à la notion des garanties collectives que nous opposons et que nous offrons en face de cette exaltation de la responsabilité individuelle.

Nous n’avons pas été au clair et nous ne le sommes toujours pas, mais cela est notre travail, nous n’avons pas assez travaillé, c’est de notre responsabilité à tous, sur les questions de l’ampleur, de la quantité, du financement, et donc de la crédibilité de ces garanties collectives. Beaucoup ont rencontré dans cette campagne des citoyens qui nous disaient : « Je suis de gauche, mais je ne crois pas à ce que vous allez faire et ce que vous prétendez faire. Je suis de gauche, mais comment peut-on vous croire après ce que vous avez laissé comme héritage dont vous ne vous êtes pas vous-mêmes détachés ? Je suis de gauche, mais peut-être que je vais me laisser tenter par une alternative nouvelle, parce que vous-mêmes, vous n’avez pas fait sortir le papillon de votre ancienne chrysalide. »

Cette question, c’est la question de la rénovation qui travaille ce parti depuis le choc du 21 avril 2002, et sur lequel nous aurons besoin, je crois, il faut se le dire entre nous, de reconstruire notre crédibilité politique, position de fond après position de fond, et je suis d’accord pour que nous oubliions la question des slogans, des formules, comme le disait tout à l’heure Henri Emmanuelli, et que nous travaillons sur la question toujours des contenus et des points de rassemblement, à la fois sur notre droite et sur notre gauche, car je ne fais pas partie de ceux qui entreront dans la querelle des alliances, comme le disaient tout à l’heure un certain nombre d’entre nous, ce n’est pas le débat car nous avons besoin, non pas de l’un au détriment de l’autre, ou de l’autre au détriment de l’un, mais de l’un et de l’autre. Ce n’est pas fromage ou dessert, c’est fromage et dessert. Et c’est bien là le défi politique de nos travaux pour les mois à venir.

Il faudra donc faire preuve d’ingénierie politique, de créativité idéologique, et il faudra, c’est vrai, refonder.

Je veux dire un mot quand même, en rendant hommage à Ségolène Royal, sur les acquis de notre propre évolution, de notre propre transformation dans l’offre politique nouvelle qui s’est inscrite dans la campagne. La révolution démocratique à travers le projet de VIe République a bien progressé, les nouveaux outils de la régulation économique et fiscale sur lesquels nous avons là aussi un inventé un grand nombre de choses dans cette campagne, notamment l’analyse des deux économies, l’économie dominante et l’économie dominée, l’implantation, ce qui est nouveau dans l’offre des socialistes, des priorités écologiques, la réorientation du projet européen, la recherche de l’égalité réelle, notamment dans un certain nombre de domaines d’action publique, et notamment l’école.

Ce sont des acquis que nous devons conserver dans la campagne pour les élections législatives.

Je voudrais dire, en guise de conclusion brève, sur la nature de nos méditations collectives et ultérieures que, si la droite a montré la capacité à dégager un leadership surpuissant, nous avons, nous, en ce qui nous concerne, une forte propension à fabriquer des écuries qui entretiennent de sempiternelles et parfois artificielles divisions.

Nous avons besoin d’être capables, et y compris en réfléchissant sur nos propres modes de fonctionnement, sur l’élargissement à venir de notre outil, de l’instrument, comme disait Benoît tout à l’heure, de notre outil collectif, nous avons besoin de réfléchir à la construction et aux moyens par lesquels nous ouvrant sur la société, la gauche dans la société, qui nous a parfois fait défaut, la gauche de la société, qui elle-même ne s’est pas retrouvée dans l’offre politique que nous lui faisions, peut-être que la vitesse avec laquelle les transformations ont eu lieu ne les ont pas habitués à ne pas avoir de doutes à notre sujet.

Nous avons besoin de réfléchir à notre mode de fonctionnement, nos futurs statuts. Je rappelle que les Verts et le Parti communiste sont morts à petit feu de leurs statuts, il serait bon que nous en tirions de justes et raisonnables décisions. Ouvrons donc la porte ensemble, collectivement, à partir du monde tel qu’il est, qu’il a changé, les victoires idéologiques et culturelles de la droite, à la créativité, nous en sommes tous capables, et je crois que le reste viendra par surcroît.



Pour lire les autres interventions

Et découvrir une interview de F.Hollande à l'issue du CN:

07 mai 2007

Le choix est fait

Réveil difficile ce matin après la nouvelle d'hier soir. Les français ont reconduit l'équipe sortante, avec une très large avance. Cette victoire est incontestable, la mobilisation démocratique en renforçe sa portée. Evidemment, cette victoire m'inquiète compte tenu de la gravité de l'état de la France et de l'inadéquation du programme proné par Nicolas Sarkozy et des écarts qu'il va creuser.
Evidemment, cette victoire risque d'en entrainer une autre, aux législatives. Il paraitrait logique que les électeurs confirment leur vote en donnant au Président nouvellement élu la majorité nécessaire à la mise en place de son programme électoral.

Dans notre département, le score est de 55,6% pour N.Sarkozy et de 44,4% pour S.Royal. Dans la troisième circonscription, l'écart se creuse: 56,4% pour NS et 43,6 pour SR. En revanche à Vendôme, l'écart est de 300 voix, 51,7% pour NS et 48,3 pour SR.

Bientot viendra l'heure de dresser un bilan de cette élection. Mes premières pensées vont à notre candidate qui a mené une bataille admirable dans un contexte où le seul fait d'être femme ne l'a jamais épargné: procès en incompétences, réflexions sexistes, commentaires déplacés sur son physique...
Ségolène Royal a ouvert les champs de la rénovation. En quelques mois, elle a réussi ce que nous n'avons pas réussi à poser comme militants rénovateurs au sein du PS. Elle a porté au plus haut la question de la refonte de la question institutionnelle, de la démocratie sociale et des outils de la régulation économique et fiscale.

Désormais, c'est une autre bataille qui commence: celle des législatives. Face à l'imbroglio à droite avec la position du député sortant qui n'en finit pas d'évoluer en fonction de la force du vent (qui fait tourner la girouette, c'est lui même qui le dit) et le maintien ou non d'une candidature d'un UMP, les jeux sont ouverts à gauche.

Marie-Hélène Vidal animera une série de réunions cantonales ainsi que des cafés politiques. Il reste quelques jours pour convaincre. Nous sommes mobilisés pour que cette bataille soit digne, basée sur la confrontation des idées. Et pour que notre parlement n'obéisse pas au doigt et à l'oeil à Sarkozy, il faut un groupe de gauche offensif, c'est le service que nous devons rendre à notre démocratie, un service aussi à rendre à notre circonscription...