26 janvier 2006

Une convention pour la 5e République: marche arrière toute!

Trois députés UMP viennent de créer une Convention pour la 5ème République. Leur objectif est d'animer le débat permanent pour que la pratique institutionnelle puisse évoluer à la faveur du rendez-vous présidentiel de mai 2007 . Bonne initiative en soi, la promotion du débat institutionnel et le souhait d'une démocratie retrouvée.

Mais, paradoxalement, ces trois parlementaires avouent se sentir un peu à l'étroit dans une Assemblée nationale " aux pouvoirs incertains ", sans que cela ne les empêche de louer l'efficacité et les qualités d'adaptation de la Constitution de 1958. Dénoncer, sans réformer en profondeur, voilà le paradoxe.

Pourtant, cette démarche dans laquelle la droite, depuis les voeux de N.Sarkosy, s'engage montre à quel point la gauche, inaudible ou divisée sur le sujet, doit elle aussi s'exprimer, plutôt que laisser ce débat à l'UMP dont le projet tend plus à renforcer le pouvoir du Président de la République en limitant les contre-pouvoirs et dont les effets pour notre démocratie pourraient etre malsains. Cette césarisation du régime serait à l'opposé de ce que souhaitent nos concitoyens: participer à une démocratie moderne, qui réhabilite la délibération, la représentation et la responsabilité politiques.

En ce sens, seule l'instauration d'un vrai régime parlementaire, primo-ministériel et respectueux de la séparation des pouvoirs, est à même de répondre à ce besoin de démocratie. Le combat pour la 6e République relégué à un avenir incertain lors du Congrès du Mans par le PS est bien plus d'actualité, à la gauche de s'en saisir.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

... Fait longtemps que je n'avais pas pris le temps de venir...

Madame ARRUGA, je vois un paradoxe dans votre discours visant à réformer la 5ème République. Et ce ne sera pas la 1ère fois que je l'exprimerai :

La 5ème République telle qu'elle existe actuellement favorise le bi-partisme. Vous fustigez la Constitution actuelle. J'approuve effectivement l'idée de réformer la 5ème afin d'en extirper un système constructif et encadrant de plus près les actions et les résultats des personnages politiques.

Pourtant, votre discours à vous et à l'ensemble du PS (pour ne pas dire de la Gauche) consiste à prôner la lutte des partis et à refuser catégoriquement tout ce qui ne vient pas du "Saint des Saints, le Parti Socialiste"... Souvent sans autre justification qu'une réaction épidermique et partisane à l'encontre des "autres".

Je n'ai rien contre la numérologie et le "6" ne me dérange pas plus que le "5". Mais, à entendre les positionnements de chacun, je m'attends, dans l'hypothèse où une réforme verrait le jour, à ne voir changer que le nom d'une Constitution qui promet, si elle est issue du discours socialiste, d'être aussi stérile que la 5ème.

Une fois encore, le PS qui s'est montré tout aussi nul que les autres, ne se prive pourtant pas de pavoiser et de faire preuve d'une prétention sans borne, en voulant faire croire qu'il détient l'unique vérité et que les "autres" n'ont pas droit de cité dans le débat.

... Cette asurance naïve d'enfant gâté, m'agace de plus en plus.

Cordialement,

Antoine COLONNA

BA a dit…

Cher Monsieur Colonna,
Décidément, votre désaccord devient une habitude! Je vois une différence certaine entre penser, comme vous le dénoncez, qu'on détient la vérité avec une prétention sans borne, et le fait d'avoir des convictions, et d'essayer d'en faire part... meme si cela peut déplaire à certains! Votre jugement reste le meme, douteux, accusateur. Vous avez tellement de doutes sur ceux, qui nombreux, sont des militants politiuqes et des élus, qui donnent tant de leur temps pour se battre pour leurs convictions au service des autres que votre sévérité en décevrait plus d'un! Vous avez vos convictions, je les respecte et ne vous accuse en rien, alors que vous etes bien catégorique vous aussi dans vos propos.
Pour revenir au débat sur les institutions, je ne pense pas que la situation actuelle mene au bipartisme, sinon pourquoi existe t'il autant de partis politiques en France, bien plus que dans certains pays? En revanche, notre système actuel ne donne pas la juste représentatitivé aux différentes familles politiques, je vous l'accorde, il suffit de voir comment se répartissent les sièges lors des différents scrutins. Nous devons veiller à mettre plus de poids aux scrutins à la proportionnelle, afin d'éviter que nos concitoyens ne se sentent pas représentés.Cela représente un des nombreux chantiers que l'on prone dans le cadre de la 6e république.